Albert SOLIA, ministre de l’Equipement et homme de terrain, avait invité la presse sur les bords de la rivière Taharu’u à Papara afin de présenter aux journalistes, en présence des associations de riverains, le plan d’aménagement des berges de la rivière actuellement en cours.
Les travaux déjà entamés sur place procèdent de la volonté de sécuriser les berges régulièrement confrontées à l’érosion, lors des crues annuelles de la saison des pluies. Le ministre a souhaité rassurer les riverains et leur expliquer la nature exacte des travaux en cours et à venir, et entendre aussi leurs préoccupations.
De nombreux riverains voient ainsi leur terrain partir avec les eaux en crue, et la zone est de fait classée à risque, et donc inexploitable et inconstructible pour les propriétaires. Les travaux de sécurisation des berges permettent de canaliser le débit de la rivière lors des crues.
L’exemple de la Taharu’u n’est que le plus visible de tous les projets de sécurisation des cours d’eau. Sous l’égide du ministère de l’Equipement, porteur du projet, le gouvernement va progressivement aménager les 64 cours d’eau de Tahiti, considérés à risque pour les habitats qui se trouvent à proximité. Ce plan d’aménagement va aussi permettre de mettre fin au curage sauvage des cours d’eau dont les effets accélèrent souvent l’érosion lorsqu’ils sont mal faits.
«Les plans de prévention des risques PPR avaient pris en compte dans les zones habitées le long des rivières, les risques de débordement et d’inondation. Des zones rouges, inconstructibles, ont été définies. Mais avec les effets escomptés du plan de protection des rivières, avec la consolidation des berges, des parcelles vont de nouveau être constructibles» a déclaré Albert Solia aux journalistes.
Pour la Taharu’u le projet n’en est qu’à ses débuts. Le cout global de l’aménagement est de 1,8 milliards Fcfp sur six ans, dont 320 millions en 2014. Les travaux actuellement en cours consistent à rectifier une importante courbe de la rivière qui se creuse depuis des années, de consolider les berges, et de créer en amont une zone naturelle de dépôts des alluvions et autres limons, qui sera à terme la seule zone dans laquelle les extractions seront autorisées, permettant ainsi à la nature, à la faune et à la flore de reprendre ses droits sur le reste du cours d’eau désormais sécurisé.
Un bétonnage partiel des rives sera toutefois nécessaire, mais uniquement aux endroits où l’eau agresse le plus les berges, le reste se fera en enrochement classique. Les pentes des berges ont également été revues et sont plus inclinées afin de mieux résister au courant, alors que jusqu’à récemment certains enrochement en zone fortement exposées étaient verticaux et donc fragilisés.
Les alluvions extraites de la rivière sont estimées à environ 350 000 mètres cubes, estime les services de l’Equipement. Ils serviront pour l’essentiel à consolider les berges et à reconstituer une partie des terrains détruits. Une partie sera utilisée pour les besoins des travaux routiers et autres chantiers dans le cadre de la relance de la commande publique fortement consommatrice de tout venant.
Le ministre de l’Equipement, en invitant la presse sur le terrain à la rencontre des riverains, souhaite montrer que l’action qu’il conduit est résolue et transparente, avec le souci d’informer au mieux, de prendre en considération les attentes des riverains, et d’apporter une réelle amélioration à des situations laissées en souffrance depuis des années.
Les préoccupations environnementales seront aussi prises en comptes. Outre le fait de définir des zones précises d’extractions contrôlées, et de permettre à la faune et à la flore de reconquérir les rives sécurisées ; des mesures pour limiter la pollution terrigène consécutive aux extractions seront aussi mises en place afin d’éviter en particulier la pollution excessive des embouchures et des lagons. Ces mesures attendues par les pêcheurs sont encore à l’étude.
Si le curage des rivières est une nécessité, car elles sont régulièrement rechargées en alluvions par les pluies, ce qui a pour effet de favoriser les crues, le plan permettra de mettre fin au curage sauvage des cours d’eau et d’avoir sur cet aspect important de la sécurité des riverains et sur l’environnement une maitrise qui fait défaut aujourd’hui.


