Après avoir reçu en début de semaine les chefs d’entreprises, le Président Gaston Flosse et le Gouvernement au grand complet ont reçu mercredi après-midi à la présidence les syndicats représentatifs du Pays.
Une trentaine de représentants syndicaux issus des cinq grandes formations syndicales ont répondus à l’invitation du Président pour échanger sur la réforme fiscale et le collectif budgétaire.
Nuihau Laurey, le Vice-président, une nouvelle fois, a exposé l’esprit de cette réforme caractérisée par le courage et la responsabilité, qui doit concilier tout à la fois, l’assainissement des comptes publics, l’investissement et la relance économique, ainsi que la solidarité avec la création d’emploi et la lutte contre la pauvreté : « Il s’agit de redonner confiance et de redonner espoir dans l’avenir » a t’il souligné. Personne n’a contesté la situation critique dans laquelle se trouve le Pays, ni l’urgence de prendre des mesures. « La situation dont nous héritons exige cette réforme » a martelé Nuihau Laurey. Le Vice-président a rappelé que la nouvelle majorité dont est issu le Gouvernement avait été élu sur un programme clair qui prévoyait sans ambiguïtés aucunes cet effort collectif, et que l’héritage découvert s’est avéré plus catastrophique que prévu. « Il faut agir, nous avons été élus pour ça » a t’il rappelé tout en soulignant que « le Gouvernement ne prend de telles mesures de gaieté de cœur ».
« Faut-il les laisser au bord du chemin ? »
Revenant sur les efforts demandés au secteur salarié, en réponse à une intervention d’un responsable syndical, le Vice-président a reconnu que le pouvoir d’achat des salariés avait baissé ces dernières années, que dans bien des secteurs les salaires sont gelés depuis plusieurs années, mais il a ajouté que beaucoup ont fait des efforts dans bien des secteurs, que les ministres et les élus au titre de l’exemplarité se sont appliqués à eux-mêmes les efforts qu’ils demandent, que eux aussi, comme chaque citoyen et chaque consommateur payeront ces taxes. Toutefois, il a souligné que si cette situation dégradée était regrettable pour les salariés, elle n’était absolument pas comparable avec ceux qui ont tout perdu en perdant leur emploi. « Que dire des 15.000 personnes qui ont tout perdu et qui eux ne payeront rien car ils n’ont plus rien ? Faut-il les laisser au bord du chemin ? » s’est interrogé le Vice-président. Evoquant la CST il a indiqué que quelqu’un qui gagne 250.000 FCFP par mois verra sa CST augmenter de 500 FCFP, et quelqu’un qui gagne 400.000 FCFP par mois verra la sienne augmenter de 3250 FCFP. « C’est une hausse importante » a reconnu Nuihau Laurey, « mais acceptable » a t-il estimé. Quant à la TVA sur les services, elle représente une augmentation de 200 FCFP sur une prestation facturée 5000 FCFP, la jugeant, là aussi, « supportable ».
Une réforme solidaire
Il a rappelé que l’usage de cet argent, grâce aux deux fonds qui étaient créés, était lisible et transparent, et qu’il serait pour l‘essentiel réinjecté dans l’économie et la consommation, donnant du travail à ceux qui n’en sont plus, favorisant l’emploi, la relance et la consommation. « C’est le but de cette réforme solidaire » a t’il dit. Le Gouvernement a rappelé que l’effort demandé à tous s’accompagnait aussi d’une réduction de la dépense publique, et de réelles économies de fonctionnement. Le Président a souligné la qualité des échanges. La rencontre s’est déroulée dans un climat constructif et les syndicats ont pu exposer leurs points de vue et exprimer leurs suggestions.


