De retour d'une mission à Paris et Hawaii, le Président de la Polynésie française a fait, lundi, le bilan de ses rencontres avec les responsables du gouvernement central et avec des professionnels du tourisme hawaiien.
Gaston Flosse ainsi déclaré que cette mission a été un "succès" et s'est félicité des relations de confiance instaurées avec l'Etat. Détaillant ses rendez-vous parisiens, le Président de la Polynésie française a indiqué que les autorités de l'Etat avaient très bien accueilli les premiers actes du gouvernement - collectif budgétaire, réforme fiscale - et la rapidité avec laquelle tout cela avait été fait.
Evoquant les rendez-vous avec le ministre des Outre-mer, Victorin LUREL, avec le Premier ministre, Jean-Marc AYRAULT, ou encore les conseillers du Président de la République, Nicolas REVEL et Marc VIZY, le président de la Polynésie française a pu mesurer jusqu’à quel point la vision que le gouvernement central a de la situation politique et économique polynésienne avait évolué favorablement.
Il a ainsi mis en exergue une déclaration de Victorin LUREL soulignant le fait que l’Etat ne « pouvait pas rester indifférent » aux efforts entrepris par le gouvernement de Polynésie française. Le ministre des Outre-mer devrait se rendre fin octobre-début novembre à Papeete pour la signature du Pacte de croissance liant l’Etat au Pays, a déclaré Gaston FLOSSE.
Confiance retrouvée des bailleurs de fonds
Le Vice-président Nuihau LAUREY a, de son côté, précisé que lors de sa mission parisienne il avait rencontré plusieurs bailleurs de fonds, dont la banque Natixis qui devrait d’ici la fin septembre permettre à la Polynésie française de bénéficier de fonds importants pour l’investissement, sur une période de trois années.
De même, l’entretien avec l’agence de notation Standard and Poor’s s’est très bien passé et le Vice-président a exprimé sa confiance quant à la nouvelle notation de la Polynésie française attendue pour octobre ou début novembre de cette année et qui devrait intégrer les mesures prises récemment par le gouvernement. Par ailleurs, une avance de trésorerie a été sollicitée auprès de l’Etat en attendant que les effets des efforts entrepris se fassent ressentir.
Le ministre de la Santé, Béatrice CHANSIN, a ensuite, à son tour, détaillé ses rencontres parisiennes. Un accord avec l’Institut national du cancer permettra à la Polynésie française de bénéficier de l’expertise de cet institut. Concernant le financement du Régime de solidarité, une mission viendra de métropole d’ici quelques semaines pour faire un état des lieux et la perspective de voir à nouveau l’Etat participer au financement de ce régime semble se préciser.
Béatrice CHANSIN a également eu des rencontres pour évoquer les projets de télémédecine ou encore la possible venue de médecins militaires à la retraite pour des îles actuellement dépourvues de médecins. Cette solution permettrait de résoudre le manque de médecins dans les îles qui ne trouvent pas preneur en raison de leur éloignement, en offrant une médecine de qualité assurée par des médecins formés et expérimentés habitués aux postes isolés.
Le ministre de l’Education, Michel LEBOUCHER, est revenu sur ses rendez-vous qui ont porté, entre autres, sur la relance d’une convention liant l’Etat au Pays et qui va permettre, avec des crédits d’investissement, le financement de plusieurs rénovations d’établissements scolaires.
Le ministre des Ressources marines, Tearii ALPHA, a, quant à lui, rappelé qu’une convention avait été signée, à Paris, avec le BRGM (bureau de recherche géologique et minière), celle-ci prévoyant l’installation d’une antenne de cet organisme en Polynésie française. Un autre aspect important de sa mission a consisté avec prendre contact avec les instances européennes, à Bruxelles, afin de réorganiser les relations avec l’Union Européenne avant le renouvellement du parlement européen ne 2014.
Mission à Hawaii
Concernant la mission à Hawaii, à laquelle le ministre du Tourisme, Geffry SALMON, participait aux côtés du Président de la Polynésie française, il a été indiqué que des discussions avaient eu lieu avec Hawaiian airlines, cette compagnie aérienne s’étant déclarée intéressée pour « prolonger le flux de touristes en Polynésie française », voire pour ouvrir une ligne entre Los Angeles et Papeete.
Des rencontres avec un ancien doyen de l’Université d’Hawaii, des experts-paysagistes ou encore le responsable d’un grand site privé dans lequel on retrouve de grandes enseignes (Marriott, Disney), et qui peut donc servir d’exemple pour le projet « Mahana Beach », à Tahiti, ont également été organisées.
Lors de cette mission à Hawaii, la délégation polynésienne a aussi rencontré une grande personnalité de la navigation traditionnelle, Nainoa THOMPSON, lequel a évoqué le voyage autour du monde de la pirogue hawaiienne « Hokule’a ». Pour le passage en Polynésie française de ces pirogues, de grandes festivités sont programmées.
Fin mai 2014, une grande cérémonie est ainsi prévue aux Jardins de Paofai, à Papeete, au cours de laquelle cet emplacement retrouverait son nom initial, la plage « Hokule’a ». Un rassemblement de pirogues à voile traditionnelles doit être également organisé vers la même période sur le site du marae de Taputapuatea, sur l’île de Raiatea.
A cette occasion, le président a aussi levé un coin du voile sur le projet Ainapare qui doit prendre place au coeur de la ville, le long de l’avenue Pouvana’a a oopa, adossé au parc Bougainville et à Tarahoi. Ce sera le second grand projet d’aménagement après Mahana Beach dans le cadre du partenariat public-privé et qui constituera un pôle d’activité attractif au coeur de la cité.
Pour ces deux projets, le président a laissé entendre que des investisseurs étaient déjà d’ores et déjà très intéressés et séduits par le partenariat public-privé. La phase concrète de ce vaste projet Ainapare sera lancée avec le démarrage imminent des opérations de désamiantage de l’immeuble de l’ancien dancing « le Pitate » qui vont durer un bon mois avant sa destruction.


