La loi du Pays relative aux contrats d’accès et de soutien à l’emploi (CASE) a été adoptée par 46 voix pour et 11 voix contre, en ouverture de la session extraordinaire de l’assemblée convoquée à cet effet ce mardi matin.
Le projet de texte a été amendé pour ouvrir ce dispositif aux personnes participant à une activité culturelle, pour une durée de 6 mois renouvelable et aux communautés de communes. Ce faisant c’est un nouvel engagement important de la campagne électorale pris la nouvelle majorité qui trouve aujourd’hui à se concrétiser. La Polynésie française compte officiellement 11 032 demandeurs d’emploi au 31 juillet 2013 et enregistre la perte record de 8 500 emplois au cours des 6 dernières années.
Le gouvernement a prévu de consacrer une enveloppe de 3 milliards Fcfp en année pleine pour le financement du CASE pour un nombre de bénéficiaires estimé à 3 150 contrats par an. « Ce contrat repose sur deux jambes, c’est-à-dire sur deux dispositifs parallèles que j’ai voulu réunir sous un même sigle pour plus de cohérence: l’accès et le soutien à l’emploi » a expliqué le Président dans son intervention.
Il a poursuivi: « Le CASE vise à permettre à un certain nombre de personnes sans emploi de retrouver grâce à l’effort de notre Pays une dignité dans le travail et de rejoindre dans un second temps le secteur privé dès lors que la reprise sera revenue. Pour ceux et celles qui disposent, déjà, d’un emploi mais qui seraient sous la menace d’une suppression en raison d’une conjoncture délicate, l’employeur qui s’engage dans cette démarche de sauvegarde de ses emplois pourra bénéficier contre engagement d’une réduction de temps de travail d’une aide compensatoire de perte de salaire subie afin de garantir le niveau de rémunération du salarié. Par rapport à l’ancien dispositif existant (IME), les procédures ont été revisitées et simplifiées pour une meilleure efficacité opérationnelle. Il est urgent d’agir et donc de mettre en place ce nouveau dispositif. »
« Notre pays a été littéralement abandonné »
Le CASE est "très attendu sur le terrain", a encore souligné le Président Gaston Flosse après avoir noté que les antennes sociales avaient enregistré 2 100 dossiers de demande d’accès au dispositif transitoire d’aide « A Tauturu Utuafare », depuis juin dernier, estimant que ce chiffre traduisait une bien triste réalité : « On essaie de nous expliquer que ce serait, sans doute, sous le seul effet de la crise économique internationale et de ses effets locaux que cette situation aurait, ainsi, basculée, c’est bien vite absoudre les gouvernements précédents qui n’ont pas eu l’audace ni le courage d’engager les réformes nécessaires au redressement de la Polynésie et ce sont justement ces réformes auxquelles nous nous sommes attelés d’arrache-pied depuis un peu plus de deux mois et demi qui vont permettre à notre pays de repartir sur les rails d’un nouveau développement. L’espoir est, certes, revenu, mais l’attente est très forte », a déclaré le Président.
Il n’a pas mâché ses mots en direction de ses prédécesseurs. « Je ne me lasse pas de répéter que ce Pays auquel nous sommes tous attachés, a été littéralement abandonné durant de nombreuses années et, plus précisément, au cours de ces trente derniers mois où le « bonheur n’était pas à Tarahoi, mais à New-York à la recherche des chimères de l’indépendance. Pendant ce temps, la population souffrait en silence sans espoir d’un lendemain meilleur. Le mois de mai a redonné le sourire à nos concitoyens », a martelé le Président en direction de l’opposition.
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