Lors d’une conférence de presse donnée à la Présidence cet après-midi, le Président de la Polynésie française a souhaité faire un point sur l’état d’avancement des discussions sur le projet aquacole avec la délégation chinoise actuellement présente sur le territoire.
En effet, comme l’a rappelé Monsieur Gaston FLOSSE, le gouvernement actuel a souhaité dès son arrivée au pouvoir, reprendre les négociations avec la société chinoise intéressée dans un projet commun d’aquaculture considéré comme « mal engagé » par le Président lui-même. Le Ministre des Ressources Marines Tearii ALPHA s’est d’ailleurs rendu en Chine fin mai afin de rencontrer les dirigeants, visiter les infrastructures et reprendre les discussions sur les modalités d’un éventuel partenariat. Aujourd'hui, la visite en Polynésie française d’une délégation comprenant Mr Cheng WANG, PDG de la société Tian Rui International Investment, qui souhaite investir dans ce projet constitue une deuxième étape.
A l’issue de trois jours et trois nuits de négociations, toutes les parties sont parvenues à s’entendre sur les éléments fondamentaux qui sont la base de cet ambitieux projet aquacole. La société Tian Rui International Investment représentée par son président, Monsieur WANG Cheng, va donc créer à Papeete une société, Tahiti Nui Marine, de droit local et spécialisée dans l’aquaculture, afin de construire une base aquacole dans le cadre d’un projet à long terme pour le développement de l’aquaculture en Polynésie française.
De son côté, la Polynésie française entend ainsi développer la compétitivité des filières productives polynésiennes et favoriser la déconcentration économique en faveur des archipels. Elle accordera donc aux aquaculteurs polynésiens les concessions nécessaires pour l’occupation du domaine public maritime, dans le respect de la règlementation en vigueur. La signature définitive de la convention n’interviendra qu’une fois que cette société sera créée (celle-ci devant être créée avant le 31 octobre) puisque le gouvernement tient à signer avec une société relevant du droit polynésien et immatriculée à Papeete. Le montant de son capital social sera de 1 milliard Fcfp et le montant de ses investissements est estimé à ce jour à 150 milliards Fcfp sur 15 ans, soit une moyenne de 10 milliards Fcfp par an.
La société s’engage à construire une chaine complète des opérations aquacoles, de l’éclosion d’espèces marines locales, en passant par l’élevage et la transformation, jusqu’à l’exportation des produits finis. Aucune espèce étrangère ne pourra être introduite. La société s’engage à recruter de la main d’oeuvre locale. « Au moins un millier d’emplois », a indiqué Gaston FLOSSE. Les aquaculteurs seront Polynésiens également, patentés avec un revenu minimum garantis, y compris durant la phase d’élevage avec le paiement d’une sorte d’avance sur la production finale à la livraison de laquelle un solde sera versé. Un cahier des charges extrêmement précis devra être respecté par tous les aquaculteurs.
La société chinoise s’engage d’ailleurs à prendre en charge la formation des aquaculteurs polynésiens à toutes les techniques nécessaires pour leur permettre de respecter ce cahier des charges. La société financera également la formation de 10 étudiants polynésiens en Chine, aux métiers de l’aquaculture, afin qu’ils deviennent les spécialistes aquacoles de la société. Avec le concours d’experts internationaux elle formera aussi 20 Polynésiens par an, à mesure que le projet avance, afin d’accompagner les développements du projet. Enfin, la société s’est engagée à fournir aux aquaculteurs polynésiens les cages et les équipements annexes, ainsi que les alevins pré-grossis et les aliments pour élevage.
Le respect de l’environnement est une autre exigence sur laquelle le Président de la Polynésie française et le Président de Tian Rui International Investment ont souhaité insister. La société devra recruter des experts environnementaux pour s’assurer du respect de l’écosystème et des règlementations en vigueur et installera tout l’équipement nécessaire à la réalisation de prélèvements réguliers autour de la base. Monsieur WANG Chen a d’ailleurs tenu à rappeler que l’environnement était la clé de la réussite d’un tel projet sur le long terme et que c’est aussi pour cela qu’il accordait une importance toute particulière à sa préservation. Monsieur WANG a également indiqué qu’à l’issue des visites de la délégation l’installation de la première base se ferait sur l’île de Makemo. Lors de son passage sur l’île, il a pu rencontrer la population qui semble tout à fait favorable à ce projet, ce qui est comme primordial pour la réussite d’une telle opération.
Ce projet qui constitue un véritable transfert de savoir et de technologie fera de la Polynésie une vitrine internationale de l’aquaculture, c’est pourquoi le gouvernement a tenu à ce qu’il se fasse dans un esprit de partenariat, afin qu’il soit réellement profitable à toutes les parties et qu’il s’inscrive dans une perspective de développement durable de la Polynésie française. Le consul de Chine WU Dong également présent à la conférence de presse a tenu à rappeler qu’il souhaitait voir se renforcer les relations entre la Polynésie française et la Chine dans des domaines aussi vastes que l’aquaculture, l’éducation, la culture ou encore le tourisme.


