Vice-Présidence

Le Vice-président de la Polynésie française Nuihau LAUREY a tracé les grands axes de l’action gouvernementale à venir à l’occasion du discours prononcé lors de l’ouverture de la session budgétaire de l’Assemblée de la Polynésie française, en présence du haut commissaire de la République Lionel BEFFRE.

 
Les 57 représentants polynésiens ont entamé ce jeudi la deuxième session ordinaire de l’année. Cette séquence parlementaire s’achèvera le 17 décembre prochain par l’examen du projet de budget primitif 2014. 
 
L’héritage et le droit d’inventaire
 
Revendiquant un droit d’inventaire, le Vice-président a rappelé d’emblée que la situation actuelle est le fruit d’un lourd héritage : « Pendant prés de 10 années, notre Pays à été laissé à l’abandon. Nos entreprises en perdition confrontées à l’effondrement de la commande publique et à l’incompétence gouvernementale. Près de 15 000 emplois détruits ; 30 % des Polynésiens vivants au dessous du seuil de pauvreté ; l’incapacité pour beaucoup à se loger, à éduquer leurs enfants, à se soigner. Notre système de soins menacé par le déséquilibre financier grandissant d’une protection sociale dont les coûts ne sont pas maîtrisés et les ressources de plus en plus limitées du fait des destructions d’emplois. Notre système de retraite au  bord de l’asphyxie dont la viabilité n’excède pas quelques années, voire quelques mois. Nos comptes publics en déshérence avec l’effondrement de plus de 20 % des recettes fiscales du Pays, une trésorerie exsangue qui l’empêche de pouvoir régler ses fournisseurs, une dette qui atteint des sommets et des bailleurs de fonds aux abonnés absents. Voilà la réalité de notre pays telle que nous l’avons trouvé il y a un peu plus de trois mois ». 
 
Un recours sournois contre le CAE
 
Après avoir rappelé les actions et les mesures engagées par le gouvernement depuis le retour de la nouvelle majorité au pouvoir, le Vice-président a fustigé le récent recours engagé par l’UPLD contre le contrat d’accès à l’emploi : « Ceux là même enfin, qui sournoisement agissent en sous main pour repousser l’adoption d’un dispositif d’aide à la création d’emplois destiné à des milliers de nos concitoyens qui ont perdu leur emploi et peinent à se réinsérer dans le monde du travail. Vous le savez comme moi, la politique de la terre brûlée n’a jamais profité à ceux qui l’ont mis en œuvre ! ». 
 
L’initiative privée et le soutien de l’Etat
 
Puis le Vice-président a exposé les grandes lignes des prochaines orientations budgétaires, le fruit attendu des mesures fiscales et des efforts demandés à tous, la sincérité retrouvée des comptes publiques, la transparence assurée par la création de deux fonds, la loi sur la concurrence, l’encouragement à l’investissement privé : « Je le dis clairement : le centre de gravité du développement de notre Pays doit se déplacer du secteur public, vers le secteur privé. Nous devons tout faire pour que notre développement s’appuie sur la création de richesses et non pas sur la distribution de subsides publics, qui au demeurant ne sont que le produit des prélèvements fiscaux effectués sur chaque citoyen de notre pays ».
 
Poursuivant, Nuihau LAUREY a insisté sur la nécessité de rééquilibrer les comptes sociaux par des mesures cruciales et courageuses : « Dans ce contexte, nous attendons très clairement  le retour de l’Etat au financement du régime de solidarité de la Polynésie française, signe d’une confiance retrouvée et d’un partenariat franc et volontaire pour accompagner la Polynésie dans son œuvre de redressement et de rééquilibrage », a encore ajouté le Vice-président à l’adresse du haut commissaire.
 
S’agissant toujours du rapport avec l’Etat, le Vice-président qui est aussi Ministre des Finances et du Budget a évoqué la demande de la Polynésie française actuellement en cours d’examen à Paris : "L’avance de trésorerie de 5 milliards que nous sollicitons auprès de l’Etat, remboursable en deux années, à l’inverse de la subvention versée l’année dernière et dilapidée par l’ancienne équipe gouvernementale, permettra de donner un véritable ballon d’oxygène à nos fournisseurs, à nos entreprises, à nos communes", a-t-il également précisé. 
 
Corriger l’image des élus
 
Peu avant, le Président de l'Assemblée de Polynésie française, Edouard FRITCH, a incité les élus de l’Assemblée à un effort d’assiduité, lors du discours qu’il a prononcé en ouverture de la session budgétaire. "Le vote du budget est l’acte qui fonde l’action du gouvernement en 2014", a souligné le président de l’Assemblée qui a également constaté que "ce sera, pour la moitié de cette assemblée, le premier budget de leur mandature" en rappelant que bon nombre des élus de la majorité réalisent leur premier mandat de représentant. "Je vous serai ainsi reconnaissant d’éviter de forcer les membres du Bureau à prendre la désagréable décision d’avoir à vous sanctionner en vous coupant une partie de vos indemnités", a prévenu Edouard FRITCH pour mettre en garde ses pairs de la tentation de se rendre coupable "d’absences injustifiées".
 
Edouard FRITCH a aussi déploré l’image que peut renvoyer l’Assemblée dans l’opinion publique: "nous, responsables politiques, avons prêté le flanc à la critique populaire en donnant ces dernières années, l’image et l’impression d’une assemblée inutile, infantile, peu soucieuse des préoccupations des électeurs. (…) Cette perception (…) traduit un sentiment d’exaspération au sein de la population que nous devons entendre et dont il nous faut tenir compte".